TWIST – installation contextuelle, entre texte, couleur et mémoire
À l’occasion de l’inauguration du Pôle Culture de Bastogne, Djos Janssens présente TWIST, une installation temporaire conçue spécifiquement pour l'aile Van Gheluwe du Pôle Culture de Bastogne. Cette œuvre in situ, visible depuis l’extérieur du bâtiment, capte l’attention du public tout en accompagnant la déambulation des visiteurs à l’intérieur. Elle célèbre la diversité des arts dans une dynamique joyeuse, inclusive et ouverte à tous.
Ce projet a vu le jour suite à un appel à projet lancé par la Ville de Bastogne dans le cadre de l’ouverture du Pôle Culture. L’Orangerie, espace d’art contemporain, a sollicité Djos Janssens dont la pratique contextuelle et engagée s’est immédiatement imposée comme une évidence.
Pensée pour dialoguer avec l’architecture du lieu, TWIST s’appuie sur les trois piliers fondateurs de la démarche artistique de Djos Janssens : la couleur, le texte et le contexte. En jouant avec ces trois composantes, l’artiste crée un espace de réflexion, de sensations et d’interprétations multiples.
Le titre TWIST fait référence à l’idée de détour, de mouvement en spirale ou de retournement : un clin d’œil à la créativité, à la liberté de pensée, mais aussi à l’histoire de Bastogne et à sa mémoire collective. L’œuvre rend hommage à l’ancrage historique américain de la ville, tout en affirmant la nécessité de nouveaux récits culturels.
À travers cette création, Djos Janssens met en lumière le rôle fondamental de la culture comme moteur de lien social, d’ouverture d’esprit et d’engagement citoyen. TWIST invite chacun à une expérience sensible, ludique et poétique, inscrite dans le contexte vivant de la ville. À travers des projets comme TWIST, le Pôle Culture affirme son rôle de plateforme vivante et fédératrice, ouverte à la pluralité des expressions contemporaines.
Le saule pleureur incarne une forme de romantisme profond, celui des jardins à l’anglaise : calme et retenu, délicat et poétique, à la fois mélancolique et apaisé. L’arbre de Djos Janssens, fixé à la façade, n’est pas celui que l’on imagine au bord d’un étang, surplombant un banc et invitant à la contemplation. C’est une image plongée dans un vert fluorescent, qui frappe la rétine, interroge par son artificialité et lui confère un arrière-goût chimique et troublant. Son format et son accrochage rappellent les procédés publicitaires, levant les regards des passants.
Dans la coursive, l’artiste rappelle en rythme l’urgence de la résistance, enracinée dans l’histoire de Bastogne et de sa population, qui a tenu bon face aux désastres d’une idéologie mortifère. La proposition est répétée plusieurs fois, inévitablement battue en rappel, dans un contexte nouveau. Ce rythme appelle et rappelle à la résistance pour la culture, tout en dansant et en ondulant le long de ce twist végétal.
Ces plantes évoquent une forêt tropicale aseptisée, transformée pour orner les bureaux des années 1980-1990, ou les lobbys bancaires d’un monde révolu. Importées d’un monde d’extraction sans recul, sans machine arrière, elles se déploient en mouvement et en oscillation de ce twist. Ces étendards seraient-ils encore plus grands et plus contrastés, plus présents, plus visibles, donneraient envie de les crier plus fort encore que les machines de guerre.
Hélène Jacques