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lorangerie
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lorangerie
Agnès
Photographie
Stokart Luc
Photographie
D´haegeleer Luc
Photographie
Vandenberg Jacques
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Paysage parcouru,
Paysage parcouru
Paysage parcouru
Paysage parcouru
Paysage parcouru
Paysage parcouru
Agnès
Paysage parcouru,
Paysage parcouru
Paysage parcouru
Sans titre

En juin 2000, Luc D’haegeleer invite des amis à découvrir un paysage qu’il aime et qu’ils ne connaissent pas. Il leur propose de le parcourir pendant un an ou plus, de créer leur propre lien avec lui, d’y établir leurs marques. Ce lieu, ils n’en savent au début ni le nom, ni l’histoire. Seuls des noms qui défilent le long des routes. Fosset, Laval, Tillet, Houmont, Pinsamont, Morhet, etc...villages dispersés sur un vaste plateau à l’ouest de Bastogne. Ils ne viennent pas ici en sociologues ou en anthropologues, mais juste poury lire la terre, le ciel, les saisons ; ce qu’on appelle la nature et les signes que l’homme y inscrit. Au fil des mois, des ans, le paysage change. Leur regard aussi. Il commence à raconter quelque chose que les mots ne peuvent dire, mais que leurs images rassemblées dans cette exposition vont tenter de restituer, de traduire, comme la simple chronique d’un paysage parcouru.

On dirait que parfois certains lieux veulent échapper à la notion de lieu, exercent à tout endroit de leur espace une force centrifuge qui fuirait toute velléité de définition que pourrait apporter le spectateur, le promeneur.

D’où la nécessité de trouver des points d’accroche à l’intérieur du paysage, comme des récifs, des rochers auxquels on se cramponnerait pour lutter contre le courant qui veut nous entraîner vers des lieux plus définis où les assurances de notre culture nous fixeraient, nous apaiseraient.Les enfants accaparent toute notre attention occupent tout l’espace avec leurs jeux, les récits qu’ils tissent entre des arbres. Un chien court autour de nous, tel un regard.

Une journée comme une récompense. Ce qui m’intéresse c’est la capacité dupaysage à receler un ailleurs. Notre étonnement c’est sa mise en scène photographique.
Vient petit à petit que le corps du paysage bouge (saisons, travaux), et que seuls  les trois photographes y retournent encore. Ils se débrouillent sur place, ils sont hors actualité locale, de passage, ne connaissent pas les gens du coin, ne s’arrêtent que sur ce qu’ils reconnaissent, ils sont comme en exil dans le présent, avec leur regard loin du bruit des images médiatiques.Le paysage devient alors au fil des saisons le miroir à mémoire pour chacun d’eux. Et la photographie tient lieu d’instinct que nous n’avons pas dans ces lieux.

L’appareil en devient fétiche et nous le photographions. Il y a cette ombre portée du photographe sur le champs, le soir, c’est un lien fantomatique et léger.Ne passaisir tout, planter la tente, revenir souvent, se familiariser. Demeurer intutif...Dans le paysage pendant la promenade nous passons près des fermes, je me dis qu’une bonne installation, ici, c’est comme un mariage réussi, c’est fait pour
prospérer, pour être adéquat.
Prudence, comme ce projet ressemble à un tissu non tissé, il ne reste un tissu que si on ne tire pas dessus, la trame et la chaîne restent à inventer.