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Ah...l'amour !
Ah...l'amour ! Atelier de photographie de l’Académie des Beaux-Arts d’Arlon
Photographie
Mariette Defays
Photographie
Eric Flohimont
Photographie
Tatiana Kozinets
Photographie
Pascal Pierret
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Pierre Jacques
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Sibylle Becker
Photographie
Sarah Sid
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Jackie Huxham
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Béatrice Schmidt
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Gérard Homel
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Ah...l'amour !
Ah...l'amour !
Ah...l'amour !
Ah...l'amour !
Ah...l'amour !
Ah...l'amour !
Ah...l'amour !
Ah...l'amour !
Ah...l'amour !
Ah...l'amour !
Expo "Ah L'amour ! ..."
Expo "Ah L'amour ! ..."
Expo "Ah L'amour ! ..."
Expo "Ah L'amour ! ..."
Expo "Ah L'amour ! ..."
Expo "Ah L'amour ! ..."
Expo "Ah L'amour ! ..."
Expo "Ah L'amour ! ..."
Expo "Ah L'amour ! ..."
Expo "Ah L'amour ! ..."
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"
Vue d'exposition "Ah...l'amour !"

Thématique récurrente de la programmation de L’Orangerie pour la Saint Valentin, Ah…L’amour ! amorce notre saison 2022 par une sélection de travaux des élèves de l’atelier de photographie de l’Académie des Beaux-Arts d’Arlon sous la conduite de Carole Melchior. 

Ah… l’amour ! d’un grand soupir ou d’un éclat, d’une délicatesse ou d’un supplice, les formes et expressions qui témoignent de l’amour sont depuis l’aube aussi infinies que nous sommes d’individus. Inlassablement revisité dans l’histoire de l’art autant que dans nos vies, au risque de le rendre désuet ou flamboyant, l’amour est néanmoins toujours absent-présent tant dans le plaisir que la douleur.

Cette invitation sur thème, offre à ces apprentis ou plus expérimentés photographes, à la fois un questionnement sur la représentation et les codes de l’amour, et une réflexion sur la notion de commande ; elle nous offre différents point de vue cadrés par les multiples prismes de la photographie.

Sybile Becker réalise des portraits de ses parents dans leurs gestes au quotidien. Mariette Defays propose des Close-up sur les points contact de mains entre deux corps.  Eric Flohimont nous surprend par de petites vignettes, capture cinématographique, de cliché amoureux. Gérard Homel répertorie des lieux dans lesquels se sont déroulés des crimes passionnels, des féminicides. Jackie Huxham nous partage des autoportraits d’une femme entre soi, entre interstices ou entre-deux. Pierre Jacques arpente les salons destinés aux articles de mariage. Tatiana Kozinets synthétise des représentations d’émotions stylisées, telles des pochettes de vinyle. Pascal Pierret nous emmène avec son fils, sa fille, sa femme ou sa mère, un chat ; dans des paysages au sens propre ou de la vie. Béatrice Schmidt capture des moments de douceur suspendue appartenant à son petit-fils. Sarah Sid nous séduit par des autoportraits dans l’intimité d’un corps et de quelques draps. G. Pierson

 

 

L’atelier de photographie de l’Académie des Beaux-Arts d’Arlon est mis à l’honneur cette année lors de cette ouverture de la saison 2022. Plusieurs élèves se sont essayés, voire attaqués au sujet de l’amour. Non, ils ne sont pas dupes, et perçoivent, de manière très personnelle, le sujet de manière bien plus complexe que dans une comédie trop sucrée. La sélection soignée et attentive est dirigée par Carole Melchior, photographe et professeure.

En cette sortie de pandémie, Mariette Ancion s’est penchée sur le toucher, à travers des mains enlacées. Ses photographies en close-up résultent en une esthétique du corps étonnante: les chairs anonymes prépondérantes établissent une grande physicalité et sont contrastées, en contrepoint, par une omniprésence du digital.

En opposition radicale, se découvre le travail sériel à l’esthétique systématique proprement conceptuelle de Gérard Homel. Les paysages urbains et ruraux apparaissent désertés, desquels, dans l’absence, se fait sentir une forte présence humaine. La carte de la région épinglée, le titre et la définition nous en apprennent sur le sujet glaçant, digne d’un roman noir, mais pourtant bien réel.

Pascal Pierret apaise l’ambiance avec un portrait composite, familial, intime, entre environnement, portraits en creux dignes de Boltanski et portraits introspectifs. L’ambiance est au confinement, à la maison, sans s’éloigner bien loin. Une spectatrice face à la Mort de Marat surprend, peut-être vient-elle renforcer l’intime, le personnel et le confiné de l’ensemble.

Dans un thème familial similaire, mais dans une esthétique plus directe et uniforme, Béatrice Faut nous livre en noir et blanc, les membres de sa famille, dans leur gestes et activités quotidiens, pris sur le vif. La proximité entre le photographe et les modèles dégage une chaleur et une douceur maternelle singulier dans l’exposition.

Sybille Beckers aborde la relation touchante et attentionnée de ses parents. La relation photographique se met en place tel un narrateur externe et observateur de doux échanges quotidiens et complices de ce couple mariés depuis 65 ans. Une photographie atemporelle d’un bois de bouleaux nus, imprimée en très grand format, soutient la série, telle une métaphore.

Tel un booth de foire, dans une alcôve, Pierre Jacques présente l’amour sous un cynisme acéré. Entre pancarte, bâche, mange-debout et champagne, il vous accueille et vous partage avec joie, de plus amples informations sur le salon du mariage. L’amour plastique est observé avec humour et parfois à distance, à travers l’écran de téléphone d’autrui.

Jackie Huxham sonde l’âme familiale, marquée par des déplacements forcés ou de plein gré et développe un projet énigmatique d’une grande sensibilité, dans une esthétique du passage fugitif et insaisissable de son propre corps. Il en résulte un ensemble aussi personnel qu’il devient universel.

Le sujet multi-millénaire de la jeune fille au bain, est réapproprié en autoportrait par Sarah Sid, dans une esthétique frontale, systématique. Elle exploite le bain pour son lieu réconfortant et non plus voyeur, comme lieu personnel et introspectif. Un travail argentique savamment accroché par des épingles, superposé d’une plaque de verre, qui renforce l’ambiance carrelée d’une salle de bain.

La comédie sucrée n’est tout de même pas loin avec Eric Flohimont, qui déploie un travail de réappropriation de films hollywoodiens, à travers un travail de sélection d’arrêts sur image, pris au Polaroïd. Cette recherche intense déploie une nouvelle narration fragmentée et évoque le travail du vidéaste Christian Marcklay. L’amour joué par les acteurs est ici observé à distance multiple, sous petit format.

Le tour de la visite se clôture avec les natures mortes de Tatiana Kozinets, mises en scènes dans un style graphique détonnant, littéralement sensationnel et profondément métaphorique. La photographe y mêle le goût et le toucher sous les doigts et sur la langue, à travers un contraste entre aliments et outils. Elle joue sur les matières liquides et fluides, molles et dures, parfois incisives, dans des couleurs extrêmes, violentes, sombres et cinématographiques. // Quand un donut provoque un sentiment de malaise // Hélène Jacques, 2021