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Cactus, encre et fusain
Speech balloons?
Dans Michael
Dessin
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Cactus, encre et fusain
Sans titre, indian ink on paper, 50 x 65 cm
Sans titre, indian ink on paper, 60 x 80 cm, 2005
Sans titre, indian ink on paper, 100 x 70 cm, 2005
Sans titre, indian ink on paper, 100 x 140 cm, 2005
Sans titre, indian ink on paper, 70 x 60 cm, 2005
Sans titre, indian ink on paper, 260 x 200 cm, 2005
Sans titre, indian ink on paper, 250 x 200 cm, 2005
Sans titre, indian ink on paper, 50 x 70 cm, 2005
Sans titre, indian ink on paper, 260 x 200 cm, 2005
Sans titre, indian ink on paper, 50 x 70 cm, 2005
Sans titre, indian ink on paper

Speech balloons?

Michael Dans Verviers, le 22 juin, 20 heures, temps ensoleillé et doux.

Dans votre travail, on peut relever des aspects ludiques, voire facétieux, se peut-il qu'ils soient le reflet d'une observation critique du monde qui vous entoure?

Non, c'est spontané. Ca vient tout seul dans le cours du travail. II n'y a pas d'intention critique calculée. D'ailleurs ma vie tourne autour de la spontanéité dans les relations humaines, en raison, je crois, de mon aspect physique qui fait qu'on me trouve tout de suite sympa. Quant à l'aspect ludique, c'est déjà une forme d'esthétisme qui vient de mon enfance, du monde des jouets, de leurs formes et de leurs couleurs. Le point de départ est toujours dans mon vécu, dans les souvenirs ou les rêves. Si on y trouve une intention critique, c'est inconscient. Lorsque je commence à dessiner, je ne m'accorde pas d'erreur. Si ça marche, tant mieux, mais si je trouve une ligne mauvaise, je déchire et je recommence.

A première vue il y a un rapport avec le dessin humoristique. Voulez-vous mettre en scène une situation ou raconter une histoire?

Je m'intéresse au « cartoon » qui se passe toujours en deux phases: 1. la situation qui fait rire ; 2. la qualité du dessin. La plupart des gens s'arrêtent à la première phase. Pourtant un dessin réussi, humoristique ou autre, l’est d'abord dans le geste. Et j'ai beau avoir des millions d'images en tête, pour arriver à sortir un bon dessin, il faut la qualité du geste et de l'entrainement. Mais je n'aime pas trop le côte narratif. Je préfère ce qui exprime une action instantanée.

Dans vos dessins, comme dans vos travaux antérieurs sur d'autres supports, on observe une stratégie de détournement de l'objet, par le changement de dimensions, de contexte, des associations ...

 J’aime les associations un peu bizarres ou alors l'exploitation d'images clichés. Par contre j'ai pris un peu de distance par rapport à l'agrandissement ou au rétrécissement des objets, dont on me disait souvent que c'était trop référencé à d'autres, comme Claes Oldenburg.

Dans l’art d'aujourd'hui, avec quels artistes ressentez-vous des affinités?

Des milliers. J’aime par exemple le travail de Guston, Schütte, Paul Mac Carthy ou Richard Prince.

Qu'aimez-vous chez eux?

Des parties de leur travail qui me stimulent et me font penser à moi-même, parce qu'ils arrivent à me replonger dans mon propre univers. Le plus dur est de se renouveler techniquement et formellement. Etre mis en face d'autres types de création permet de stimuler le renouvellement.

Aujourd'hui vous privilégiez le dessin, mais par le passé, vous avez utilisé d'autres supports plus contemporains. Pourquoi ce retour à un moyen d'expression classique?

J'ai séjourné deux ans à la Rijksakademie à Amsterdam en qualité de boursier. C'est un endroit formidable dont l'infrastructure permet de travailler toutes sortes de matériaux qui supposent l'usage de machines et de l'habileté manuelle. Ce que je n'aime pas. La seule chose à laquelle je pouvais me consacrer là-bas sans trop de frais, c'est le dessin. Sinon tout m'intéressait: l'installation, la création d'objets en 3D, la photo, la vidéo... Mes travaux étaient surtout liés à des rencontres. Et puis j'ai découvert qu'avec le dessin, on peut tout dire...

Propos recueillis par Georges Fontaine